HapKiDo Français : bientôt 30 ans. L’âge de raison ?

La reconstitution racontée par Julien Loesch – président de la Commission Nationale de HapKiDo

En France, les arts martiaux coréens introduit officiellement en 1969, - représentent quelques 50.000 pratiquants, majoritairement issus du Taekwondo regroupés au sein de la FFTDA. Qu’en est il de l’autre grande discipline qu’est le HapKiDo ?

Un peu d’histoire

On peut retrouver un filet intéressant dans la défunte revue « Taekwondo Magazine » éditée par la 1ère FFTKD et datant de mi-1988, annonçant le quasi début du HapKiDo Français. Quoique …
"En fait, le HapKiDo a été introduit en France presque 20 ans avant cette date (à la fin des années 60 !!) par Raymond Damasse, qui a obtenu son 2e Dan avec le GM Kim Jin Pal*  au milieu des années 60 au Vietnam. J’ai connu Raymond au Vietnam à la fin des années 60. Je l’ai revu en 1971 en France. Il a délaissé sa ceinture noire de HapKiDo pour arborer la ceinture rouge de Taekwondo avec Me Lee Kwan Young, puisqu’il n’existait pas d’école de HapKiDo en France.  

Sur le site http://www.jinpalhapkido.com on peut voir une photo de Raymond dans les années 60 avec son Maître au Vietnam. Une des techniques de démonstration de Me Jin Pal est son fameux sauté doublé ciseaux.

Première démonstration (imprévue) de l’efficacité de HapKiDo

En 1974, lors d’une des premières compétitions internationales de Taekwondo (France – Allemagne), nous étions plusieurs centaines de taekwondoistes à voir probablement la première « démonstration » improvisée de HapKiDo. Sur un coup de pied de son adversaire allemand, Raymond a fait jouer ses automatismes et a oublié qu’en Taekwondo, on ne pouvait ni saisir, ni balayer. L’Allemand a valsé, les pattes en l’air. Nouvelle attaque de l’Allemand, rebelote : contre et balayage de Raymond et l’Allemand repart en l’air. Maître Lee qui était le responsable technique de la compétition, furieux a attrapé Raymond et l’a sorti manu militari de l’aire de combat. 

Pour beaucoup d’entre-nous, c’était le 1er contact avec cette nouvelle discipline, mais bien peu le réalisait à l’époque.

Le HapKiDo Français a commencé timidement vers la fin des années 80. Comme pour tous les arts martiaux, qu’ils soient coréens, japonais, vietnamiens ou autres, il y a une grande partie de flou et beaucoup « d’esbroufe » et de contradictions. Le HapKiDo n’échappe pas à cette règle comme nous l’avons vu dans la partie « ORIGINES ». Les grandes lignes et les grands noms au niveau mondial sont certes connus, mais certaines affirmations des grand-maîtres mêmes, se contredisent.

Pour avoir co-organisé avec Me Kim Yong Ho le développement du HapKiDo en France à partir de 1995, j’ai côtoyé la majorité des cadres Français et j’ai eu la chance de connaître intimement quelques uns des pionniers mondiaux qui m’ont livré leurs histoires et leurs archives.

Photo : Le GM JiHanJae lors de sa visite en France en 1997 remet un diplôme à Me Christophe Laguerre.

Le temps des pionniers

Vers la fin des années 80, j’ai entendu parler du HapKiDo des frères Carbonell qui ont réussi à donner une impulsion à cet art.  C’est ce qui ressort de l’article de 1988 où on peut lire que le 1er stage européen de HapKiDo eut lieu l’été 1987 à Barcelone sous l’impulsion d’André Carbonell - qui s’affichait 4e Dan  et Antonio qui s’affichait 2e Dan.

Quelques années plus tard, au début des années 1990, quelques groupes se formèrent : 

  • autour d’Antonio Carbonell (école Sin Moo du GM Ji Han Jae) dans la région Parisienne
  • en Bretagne autour d’experts coréens de l’école Kum Moo Kwan, résidant dans la région Rennaise, 
  • autour de Me Lee Kwan Young qui s’est également lancé dans le HapKiDo 
  • de Philippe Pinerd, récemment rentré d’un long séjour en Corée où il s’est formé au HapKiDo,
  • ainsi que quelques initiatives individuelles ici ou là.

La qualité et le contenu technique de chaque groupe étaient cependant loin d’être uniformes et équivalent. En effet, pendant cette période de découverte, la majorité des groupes se formait par des stages auprès de professeurs de Taekwondo recyclés eux-mêmes au HapKiDo par des stages.

Le but initial était surtout d’enrichir leurs techniques de self-défense de Taekwondo et non pas de changer de pratique ou découvrir une nouvelle discipline. L’envie de faire du HapKiDo à plein temps et de l’enseigner n’est venu que quelques années plus tard, quand ils découvrirent que le HapKiDo était un art complet et à part et non pas une variante self-défense du taekwondo.

Les Kwans coréens présents en France.
Les premiers cours et écoles dédiés HapKiDo débutèrent au début des années 90. Depuis d’autres styles coréens sont apparus en France :

Principales écoles coréennes présentes en France. Elles sont triées ci-dessous selon leur niveau d’activités en France (statistiques CNH entre 1998 et 2017).

  • HapKi Mudo du GM Lee Eung Jong
  • Global HapKiDo du GM Han Jung Doo (Elève du GM Myung Jae Nam)
  • Jin Jung Kwan du GM Kim Myung Yong (Deux courants de JJK existent. Celui du fondateur Kim Myung Yong qui s’est installé aux USA et celui du GM Lee Chang Soo bien représenté en Europe.)
  • Kum Moo Kwan du GM Yin Si Tchul (Son fondateur ayant émigré au Canada, l’école Kum Moo Kwan fonctionne maintenant sous la direction du GM Jung Dal Soon.)
  • HanKiDo du GM Myung Jae Nam (Suite au décès du fondateur, la direction de l’école est maintenant assurée par son fils Myung Sung-Kwang.)
  • DaeHan HapKiDo du GM Oh Se Lim (Cet intitulé regroupe différents styles affiliés à la DeaHan Federation.)
  • Duk Moo Kwan du GM Kim Duk In (Le GM Kim Duk In est élève direct du GM Choi et contemporain du GM Ji Han Jae.)
  • SinMoo Hapkido du GM Ji Han Jae
  • Jung Ki Kwan du GM Hyung Soo Lim
  • Korea HoSinSul Federation du GM Cho Wong Sang.
  • HanMoo Do du GM Kimm Hee Young

Même si les écoles sont positionnées ici au même niveau, certains GM font partie de la 1ère génération – directement sous Me Choi. D’autres ont commencé bien après. Néanmoins, parce qu’ils ont su créer des Kwan prolifiques et réputés, ils méritent la reconnaissance de tous. 
Même si des différences et des tensions peuvent exister, ces GM se sont croisés à un moment où un autre et un certain respect existent entre eux.

Par exemple, la CNH avait invité en 2007, le GM Yoon Byung Ok qui vit au Canada et qui a notamment été le professeur du GM Lee Eung Jong de l’école HapKi Mudo. A cette occasion, nous avons appris qu’il était le frère du fondateur de l’école Kum Moo Kwan enseigné en Bretagne.

 
Photo 1 à gauche : Le GM Kim Duk In et Me Kim Beom du Duk Moo Kwan – présentent le HapKiDo au RAID avec les Me Christophe Laguerre et Pham Minh Phuoc.
Photo 2 à droite : Les GM du HanKido avec le représentant Français Edmond Dominé.

  
Photo 1 à gauche : Le GM Lee Chang Soo du Jin Jung Kwan avec son représentant Français : Raphael Couet.
Photo 2 au centre : Le GM Lee Eung Jong et Me Lee Kang Jong du HapkiMudo.
Photo 3 à gauche : Le GM Jung Dal Soon du Kum Moo Kwan avec le représentant Français : Thierry Luron.

La représentativité nationale des écoles (période 1998 – 2017).

En 1997, la FFTDA crée la Commission Nationale de HapKiDo, confiée à Philippe Pinerd.
En 2006, Julien Loesch reprend la direction de la CNH.

Le début du développement.

En région Parisienne, l’équipe de Julien Loesch grâce à l’entremise du GM Kim Yong Ho, invita pour un séjour de plusieurs années, l’un des Maîtres de la 1ère génération : le GM Kim Duk In (9ème Dan) fondateur de l’école Duk Moo Kwan et son fils Kim Beom. La présence du GM de 1998 à 2001 allait booster le niveau du HapKiDo Français. Quand Me Kim Duk In repartit en Corée, Me Kim Yong Ho invita un autre GM de 2ème génération : Lee Eun Jong (9ème Dan), élève du GM Yoon Buyng Ok pour un long séjour.