La voix des DOM-TOM
Marseille, 1987. Arrivé en métropole pour ses études, Philippe Bernard, découvre le taekwondo dans la cité phocéenne. « J’avais fait du judo et du karaté lorsque j’étais plus jeune. Et puis, un jour, j’ai vu un pandae dollyo chagi. Je me suis immédiatement dit : c’est ça que je veux faire ! » Débutent alors deux années d’apprentissage auprès d’un des deux maîtres qui marqueront irrémédiablement la pratique de ce septième dan : Serge Grimaud, tandis qu’il croisera la route de Maître Lee Won Sik, quelques années plus tard. Revenu à la Réunion, ce professeur en BTS spécialisé dans les sciences industrielles de l’ingénieur, découvre un taekwondo réunionnais qui n’en est alors qu’à ses balbutiements : « au début des années 1990, il n’y avait que deux petits clubs pour trente pratiquants maximum », resitue-t-il. Déterminé, « accrocheur » comme il se définit lui-même, Philippe Bernard décide alors de s’engager au service de la discipline, à son développement et à la défense des intérêts, spécifiques, du taekwondo dans les DOM-TOM. En 1991, il ouvre son club, le Tampon Taekwondo Dojang. En 1998, le voilà président du comité de la Réunion, créé trois ans plus tôt. Un poste qu’il occupera jusqu’en 2011, faisant passer, avec ses équipes respectives, le nombre de licenciés de moins de trois cents à… mille deux cents. « Nous avons, pour cela, beaucoup travaillé sur la communication avec de nombreuses démonstrations, sur un maillage de l’île en termes de clubs, et sur les très bons résultats du pôle espoir, ouvert de 2004 à 2008. C’était la seule structure de ce type dans les DOM-TOM dont la plus belle réussite reste Maëva Coutant, qui fut pré-sélectionnée olympique ».
Priorité aux clubs et aux disciplines associées
Membre du comité directeur de la fédération depuis 2000, Philippe Bernard a donc fait de la défense des DOM-TOM l’un de ses crédos. « Lorsqu’on m’a proposé d’intégrer cette instance, j’ai immédiatement accepté. Car je pense profondément qu’il fallait y être pour que les problématiques de ces territoires sont bien comprises, en particulier sur la question de la logistique. Participer à un championnat de France pour un taekwondoïste de la Réunion, de la Martinique ou de Calédonie, c’est toute une organisation ! »
Nommé vice président en charge du développement pour la nouvelle olympiade, ce professeur de 55 ans a très vite pris à bras-le-corps ses nouvelles fonctions : « la priorité, c’est l’accompagnement des clubs. Nous avons eu plus de trois cents clubs en visioconférence, qui ont beaucoup de questions, et besoin d’aide et de soutien, en particulier sur les demandes de subventions, notamment auprès de l’ANS. Beaucoup pensaient que c’était trop compliqué. Nous les avons donc accompagnés. Résultat ? 76 % de clubs en plus par rapport à la saison dernière, ont fait une demande de subvention.»
Autre grand chantier : renouer les liens et structurer les disciplines associées. Une toute nouvelle commission hapkido vient, ainsi, d’être mise en place. Homme d’expérience et de terrain, Philippe Bernard se montre plus que jamais passionné et investi : « toute ma vie tourne autour du taekwondo depuis maintenant trente-cinq ans. J’ai la tête dans le guidon en permanence, mais j’adore cela. Trouver des solutions, ne jamais rien lâcher, ne pas attendre que la solution arrive de l’extérieur. Mais aussi apprendre ! Voilà ce qui me guide. »
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