Fédération Française
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Résultat /// Jeux

Althéa Laurin perpétue la tradition

Opposée à la championne d’Afrique 2021 Aminata Charlène Traoré lors du combat pour le bronze, Althéa Laurin n’a pas laissé passer sa chance pour débloquer, à seulement dix-neuf ans, son compteur olympique. La voilà qui entre dans l’histoire du taekwondo français, en devenant la septième médaillée tricolore aux Jeux depuis Sydney 2020
27 juillet 2021
 

Si son premier round (2-6) portait encore les traces de sa déception de ne pas avoir rallié la finale, son abattage sur les deux suivants, alors que son adversaire perdait pied physiquement, démontre bien le tempérament d’Althéa Laurin. Les coups de pied au corps ont plu sur la malheureuse Ivoirienne, qui ne finissait même pas la rencontre, abrégée par l’arbitre à trois secondes du terme (17-8). « Ce changement de ton au cours du combat est extrêmement satisfaisant, appréciait le directeur des équipes de France Louis Lacoste. Elle s’est libérée alors que l’autre commençait à coincer, comme elle a su repartir au combat pour le bronze alors qu’elle venait pour l’or, dans ce format de compétition inhabituel pour nous avec ces repêchages. »

Durant la coupure précédant le bloc final, c’est toute la famille du taekwondo français qui a fait corps derrière la jeune athlète d’Asnières. « J’ai reçu plein de messages de soutien, de mes proches évidemment, mais aussi de celles et ceux qui sont passés par là, comme Gwladys ou Yasmina, qui m’ont bien fait comprendre que je ne devais pas laisser passer ma chance. Ne pas m’être qualifiée pour la grande finale me laisse encore un peu d’amertume, mais je pense l’émotion va venir plus tard. En prenant Gulsah dans mes bras, j’ai déjà repensé à tous les moments vécus ensemble, toutes ses heures passées à s’entraîner. Au-delà de l’aspect sportif, c’est aussi l’aventure humaine qui est très belle. »

« Réussir ce qu’elle a réalisé aujourd’hui, à dix-neuf ans, ce n’est pas anodin, et cela valide sa progression depuis ses titres internationaux en jeunes, mais aussi sur ces derniers mois, poursuit Louis Lacoste. Ne serait-ce que sur la préparation des Jeux, elle a fait un vrai bond qualitatif pour éviter les pièges qui se sont dressés devant elle aujourd’hui. La Mexicaine et la Chinoise étaient des clientes qu’elle a parfaitement su négocier, et seule la Serbe Mandic (qui finira en or quelques minutes plus tard, comme en 2012 à Londres, NDLR) n’a pas commis la moindre erreur lors de leur duel, grâce notamment à son expérience. Et c’est ce que va engranger Althéa dans les prochaines années. »

Un avenir que sa coach Gulsah Alonso Tapia voit également sous les meilleurs auspices. « Althéa dispose déjà de nombreuses options sur le plan technique et, si elle parvient à se préserver physiquement, elle pourrait continuer à performer longtemps. Avec elle, on peut envisager des performances sur Paris bien sûr, mais aussi sur Los Angeles en 2028. Notre processus est en marche avec cette équipe de France qui a rajeuni avec les départs à la retraite de nos plus expérimentés, comme Haby qui avait entretenu la dynamique française avec sa médaille d’argent à Rio. Maintenir cette habitude ici à Tokyo était quelque chose d’important. » Merci pour ça Althéa, qui a déjà coché les Jeux de 2024 sur son agenda. « Il faudra déjà se qualifier, mais j’ai encore envie de progresser pour aller décrocher à Paris la médaille olympique que je veux réellement. Je sais qu’il y aura encore beaucoup de travail pour changer sa couleur mais ça en vaudra la peine, vu comme celle-ci est déjà magnifique. En la mettant autour de mon cou sur le podium, j’ai commencé à prendre conscience de ce que j’avais accompli pour mes premiers Jeux. » À tout jamais l’égale de celles et ceux qu’elle admirait encore il y a quelques années…

Podiums : 

  • 1. Milica Mandic (SRB)
  • 2. LEE Dabin (KOR)
  • 3. Althéa Laurin (FRA)
  • 3. Bianca Walkden (GBR)