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Coupe de France Minimes 2023 : Souvenirs Souvenirs

Une compétition, des victoires et autant de défaites, quelques pleurs et beaucoup d’encouragements. Avant tout, la coupe de France constituait la première expérience de nombreux minimes venus à Lyon pour l’occasion. Retour sur une journée qui restera gravé dans les mémoires de beaucoup.
4 mai 2023
 

Sur lui, le temps ne semble pas avoir de prise. Avec ses sept-mille places assises, sa surface de tapis difficilement égalable et son plafond aux airs de nuit étoilée, le Palais des Sports de Gerland demeure l’une des places fortes du taekwondo tricolore. Encore fallait-il un public à la hauteur du fabuleux écrin lyonnais pour que la coupe de France minimes se transforme en plein succès ? La question n’allait pas rester en avant suspens très longtemps. L’horloge ne pointait pas encore sur huit heures et le soleil émergeait à peine que, déjà, les drapeaux réunionnais annonçaient la couleur d’une journée placée sous le signe de la fête. « Je ne pouvais pas manquer la première compétition nationale de mon fils, sourit Jérôme Boyer entre deux encouragements. Si nous voulons que les jeunes s’illustrent sur le tapis, nous devons tout donner dans les gradins. Alors nous donnons de la voix en espérant qu’ils déchirent ! À la Réunion, le taekwondo est avant tout une fête. » Voilà pour l’ambiance. Il y a aussi les chiffres : neuf combattants, mais surtout une quinzaine pères, mères, oncles, tantes et amis assez motivés pour parcourir les neuf-mille kilomètres séparant la capitale des Gaules de celle de l’île intense.

Première fondatrice

« Bien sûr, j’ai puisé une partie de ma force dans leurs encouragements, canonnait justement son fils Mathis, sourire en bandoulière à l’issue de son combat victorieux pour la médaille de bronze en -33kg. Au Taekwondo Saint-Raphaël, Diana Sicot savoure également. « Combattre dans une telle ambiance relève du privilège, pose la coach de la Team Sicot, pourtant habituée des plus belles salles nationales et internationales. Même en tant que coach, j’étais galvanisée… alors imaginez les combattants ! » Un véritable chaudron qui ne pourra qu’encourager Sihem et Sakina, respectivement engagées en -26kg et -41kg, à revenir l’année prochaine. « Combattre dans les même salle que les championnats de France cadets était une fierté. Surtout, c’est une occasion d’apprendre, pose la jeune combattante engagée pour la première fois en coupe de France, comme une large partie des deux-cent-quatre-vingt-neuf combattants. Après les championnats régionaux et les opens à l’étranger, la coupe de France constitue une nouvelle étape ! » D’autant qu’à Saint-Raphaël, le taekwondo se conjugue au pluriel. Ce samedi, comme il est d’usage depuis quelques mois dans le club varois, les parents faisaient également partie du déplacement. « Le taekwondo devient presque un prétexte pour nous retrouver. Chacun profite d’un week-end atypique, des amitiés se créent, un esprit de groupe aussi. D’un sport que nous ne connaissions pas il y a encore quelques mois, nous créons des souvenirs indélébiles », ajoute Younès Hajjaj, le père de Sakina. Résumé synthétique de l’essence du sport amateur.

Insuffler l’esprit d’équipe

D’esprit d’équipe, il allait justement être question quelques instants plus tard. Coupe de France minimes dans le rétroviseur, les yeux des spectateurs pouvaient se river sur les aires n°8 et n°9. Et, si seules huit équipes avaient choisi de s’engager au critérium national benjamins, c’est à l’heure où le soleil commençait à se coucher que le Palais de Sports s’apprêtait à vivre ses plus beaux moments de partage. « S’il n’est pas encore entré dans les mœurs, le format "par équipes" procure des émotions incomparables. L’esprit d’équipe, le partage des émotions dans la victoire comme dans la défaite, précise le Directeur Technique National adjoint Frédéric Barberis. Nous nous évertuons à maintenir ce rendez-vous benjamins qui relève également du symbole, malgré les difficultés de mobilisation auxquelles nous faisons face. » Devant les difficultés à constituer des équipes par clubs, la fédération avait en effet autorisé le regroupement de combattants de différentes entités. « Malheureusement, de nouvelles absences nous ont forcé à mélanger de nouveau les équipes au dernier moment, regrette Noémie Rodrigues, coach du Taekwondo Shandong. Mais le plus important se trouvait ailleurs, profiter de l’un de ces rares moments de partage entre combattants ! »

Fête mais pas kermesse

Si la journée restera gravée dans les têtes d’une large partie de cette génération 2012-2013, c’est aussi parce que la fête n’a pas viré à la kermesse. Symbole et concentré du défi logistique que représentait cette édition 2023 de la coupe de France minimes : chacune des dix aires de combat accueillait près de trente oppositions dans la journée. La cause ? Le système de repêchages mis en place pour l’ensemble des compétiteurs ayant perdu face aux demi-finalistes et engendrant un tiers de combats supplémentaires dans la journée. « Si ce n’est pas une mesure simple à mettre en place, ce système reste une excellente idée. Une compétition de taekwondo doit avant tout rester un plaisir et augmenter le nombre d’oppositions permet de ne laisser personne sur le bord de la route, analyse encore Diana Sicot. Par exemple, nos deux combattantes ont été éliminées dès le premier tour par des futures finalistes. Or, par le biais du repêchage, elles ont toutes les deux pu concourir pour la médaille de bronze et montrer leur véritable niveau. Mieux, Sakina qui avait largement perdu face à une combattante de Fréjus aux championnats régionaux, l’a battue cette fois-ci. Au-delà d’un simple résultat, cela apporte le témoin de ses progrès réalisés. » Un résumé des bénéfices d’une telle compétition lorsque l’on a dix ou onze ans. Se confronter à l’autre, à soi-même aussi. Contrôler ses émotions devant la tension perceptible des parents. Appréhender peu à peu une salle et son public. Comprendre les critiques du coach, celui qui voit les choses avec la distance nécessaire.

Carton plein pour les jeunes arbitres

À quarante-huit heures de la compétition, Frédéric Barberis avait annoncé poursuivre « l’objectif de valoriser la jeunesse du taekwondo dans toutes ses pratiques. » Alors que le Palais des Sports ferme ses portes, le Directeur Technique National arbore le sourire du travail bien fait. Il faut dire que ses soixante-quinze jeunes arbitres le lui ont bien rendu. « Malgré le stress intense et la peur de mal faire, je suis parvenu à gérer mes émotions, pose Médine Aliouat, débutant dans l’arbitrage. La journée est finalement passée à une vitesse folle… véritablement enrichissant ! » Et ce n’est pas Marc Mechenane, responsable des arbitres d’Île-de-France qui démentira. « De quarante-cinq jeunes arbitres l’an passé, nous grimpons à soixante-quinze lors de cette édition. Une augmentation qui n’a pas altéré le niveau d’arbitrage sur les aires, bien au contraire. Les jeunes responsables prennent la main et savent s’imposer sans trop en faire, guidés par des adultes à l’écoute. Cette symbiose entre un groupe qui souhaite progresser et plusieurs adultes pédagogues constitue la clé du programme jeunes arbitres. Désormais, nous espérons pouvoir faire participer certains d’entre eux à un rendez-vous international ! » Une perspective qui devrait séduire de nouveaux jeunes à se lancer dans l’aventure. Place aux jeunes coaches, dès la prochaine édition.

Les podiums des minimes :

Féminimes 

  • -23kg : 1.El Barni Sanaa (TKD Feignies) 2.Elguebli Hajar (TKD Club Villeneu) 3.Boutserfine Inès (ET Trappes) 3. Lamand Loelia (Arts Mart. Osa)
  • -26kg : 1.Touati Soumayya (TKD Nice Elite) 2.Tavars Thia (Chartres Metropole Tkd) 3.Belkebir Hidaya (TKD Feignies) 3.Lefranc Chutinanvarodom Mélia (ET Trappes) 
  • -29kg : 1.Ouahman Oumnya (TKD Feignies) 2.El Boukili Rita (Et Trappes) 3.Rmaly Safaa (TKD Club Villeneu) 3.Nhouyvanusvong Noemie (TKD Elite Cergy)
  • -33kg : 1.Deondra Brijnaert (TKD Feignies) 2. Legrand Celia (Union Sportive de Chalette) 3.Tainareva Teuruarii (Polynesie) 3.Nerzic Anaelle (Tkd Nice Elite)
  • -37kg : 1. Mehnana Kheira (Tkd Feyzin) 2.Albertini Laura (Tkd Hagakure) 3.Sow Safiya (Union Sportive de Chalette) 3.Ben Hamouda Firdaws (Usvec Section)
  • -41kg : 1.Maarouf Assia (Académie Cobra) 2.Ziane Alya (Génération Tkd) 3. Aubert Emy (Chonkwon Tkd Chantepie) 3. Vangu Romy (Club sportif et athletique)
  • -44kg : 1.Bezzaouya Manel (TremblayAC Tkd) 2.Mahoukou Chiara (Us Fontenay Tkd) 3.Hamilcaro Ayana (Martial Academie) 3.Henani Radici Nina (Force et Honneur martial)
  • -47kg : 1.Phou Inaya (Institut Sportif Hagwon) 2.Rhinan Noemie (Usvec Section Tkd) 3.Kaddour Naya (3MTKD) 3.Haddoui Sabrine (Tkd Feyzin)
  • -51kg : 1.Drougat Melinda (Academie Sporting Club) 2. Fornoni Kamano Stella (Tremblay AC Tkd) 3.Sid Dyna (ADB Academie Grand Lyon) 3.Oughlissi Asma (Dragons team isere)
  • +51kg : 1.Hassi Heya (ESN Mugunghwa tigers tkd) 2.Kacem Sadoun Wafia (Club sportif et athletique) 3.Assel Tasnim (Team villeneuve st georges) 3.Boujlit Ibtissem (Tkd Fighting-club)


Masculins 

  • -27kg : 1.Tbatou Ayoub (Club Sportif et athletique) 2.Magpantay Ilies (Tkd Nice Elite) 3.Huet Leo (Tkd Fontenilles) 3.Lim Maxence (Ass tkd main ho club Lee)
  • -30kg : 1.Touati Issa (Tkd Nice Elite) 2.Maillot Evan (Mimo team) 3.Belghit Afif (3MTKD) 3.Amazouz Kris (Astr le loi) 
  • -33kg : 1.El Guetrani Farouq (Tkd Poissy) 2.Domota Sayan (AMSLF section tkd) 3.Boyer Mathis (Tampon Tkd do) 3.Vang Terry (Empire Korea) 
  • -37kg : 1.Koulali Mohamed Zakaria (T.S.C.M tkd sport de combat) 2.Phibel Jordan (Academie Sporting club ch) 3.Allassak Nassim (Et Trappes) 3.Nomo Ethan (Lions Club tkd)
  • -41kg : 1.Ligonniere Charly (Empire Korean Martial) 2.Bellia Sandro (Tkd Sporting club peypin) 3.Seroc Antoine (Tampon tkd dojang) 3.Gargani Fabio (Tkd sporting club peypin)
  • -45kg : 1.Saafi Dawssen (Tkd club portes) 2.Grondin Hugues (Astr le loi) 3.Diane Amara (Astr le loi) 3.Haddad Gary (Ass clamortoise)
  • -49kg : 1.Lenoir Manaiki (Polynesie) 2.Dang Lucas (Tkd Elite Cergy) 3.Diagne Djibril (Union Sportive de Chalette) 3.Konte Issa (Tkd club du Plessis Trevis)
  • -53kg : 1. Abdelaziz Ben Othman (FCV tkd) 2.Kolgeci Florian (T.S.C.M tkd sport de combat) 3.Faahoro Tauirarii (Polynesie)
  • -57kg : 1.Rouissi Beyram (South winners tkd) 2.Foucault Kentin (Tkd Villeveyrac) 3.Ait Akka Wael (Van Thuyne tkd)
  • +57kg : 1.Daher Aymen (South Winners tkd) 2.Jelliti Ahmed (Tkd Antibes acad)  3.Sour Jibril (Tkd Feyzin) 

 

Texte : Maël Jeanthon - Sen No Sen
Photos : Denis Sekretev

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Jeudi 4 mai 2023

Première échéance nationale pour de nombreux éléments de la génération 2012-2013, la coupe de France minimes constituera une nouvelle occasion de conjuguer compétition et animation. Au programme du week-end : de belles oppositions, beaucoup d’apprentissage, mais surtout un lot de beaux souvenirs pour les participants.

« Une défaite ne constitue pas une fin en soi, il y a de petites victoires dans chaque combat. Que l’on gagne ou que l’on perde, nous apprenons sans cesse quelque chose. » Alors que cinq de ses élèves s’apprêtent à participer pour la première fois à une compétition nationale, Steven Quelennec tient à relativiser. Pour les jeunes pousses de l’Académie Cobra de Dreux, l’heure est avant tout à l’apprentissage. « À dix ou onze ans, les combattants se construisent encore. La confiance s’avère plus importante que jamais, que ce soit en eux ou en leur coach. Il est primordial qu’un lien se construise, ce pourquoi nous discutons beaucoup avec les jeunes. » Une relation d’autant plus importante que le stress s’invite souvent également au rendez-vous, comme le souligne Diana Sicot. « Malgré l’environnement nouveau, le niveau de concurrence et la pression inhérente au combat, le taekwondo doit absolument rester un jeu ! Si l’on s’amuse pendant le combat, la compétition sera positive quel que soit le résultat final. »

Appréhender le haut niveau…

Pour dédramatiser l’enjeu de la compétition, la professeure et son club du taekwondo Saint-Raphaël sont allés encore plus loin… jusqu’à traverser les Pyrénées. « Cette année, nous optons pour beaucoup de compétitions, en France mais également à l’international. Le tournoi de Barcelone par exemple, s’il ne présentait pas un niveau hors du commun, nous a permis de faire passer un palier aux jeunes vis-à-vis de l’appréhension du déplacement et de l’autonomie. » Pour le reste de cette jeune garde tricolore en revanche, la coupe de France minimes constituera un baptême du feu, entre les premiers trajets en TGV, quelques nuits à l’hôtel et la découverte d’un écrin de Gerland fort en symboles. Une dimension chère au Directeur Technique National adjoint Frédéric Barberis. « Nous tenons à l’aspect "animation" de cette échéance. Elle se pose en première marche parmi les rendez-vous nationaux qui rythment une carrière sportive. D’un côté, il s’agit bien sûr d’un rendez-vous où les meilleurs sortiront du lot mais, de l’autre, ce sont les valeurs de respect, de fraternité et de fair-play qui prédominent. »

… Quel que soit le rôle

Une ambition pédagogique que l’on pourra observer aux quatre coins de la salle. En effet, un contingent de quatre-vingts jeunes arbitres orchestrera la compétition. Un chiffre presque deux fois plus important que lors de la dernière édition et qui devrait encore augmenter l’année prochaine. « Nous poursuivons l’objectif de valoriser la jeunesse du taekwondo dans toutes ses pratiques. En combat et à l’arbitrage donc, mais également à l’organisation et au coaching dès l’année prochaine, prévoit Frédéric Barberis. Il y a quelques semaines, l’Open labellisé de Dreux a constitué un banc d’essai vraiment concluant et quelques clubs passent le cap dès cette année. » À commencer par le Taekwondo Shandong, où Melissa Oliveros laissera sa place sur la chaise à Noémie Rodrigues, dix-neuf ans. « En parallèle de ma carrière sur les tapis, le coaching s’affirme comme une suite logique. Ma première expérience lors des championnats régionaux m’a confortée dans ce choix, pose la jeune pôliste, qui passe actuellement son diplôme d’instructeur fédéral. Sans oublier que découvrir l’envers du décor permet aussi de mieux comprendre les réactions de son professeur, notamment la responsabilité envers nos combattants. Forcément, je ressens un peu de stress, même si le véritable enjeu de cette coupe reste de prendre du plaisir ! » Et à la direction de la compétition ? C’est un trio féminin qui sera à l’honneur : Malado Diagne et Imam Kawthar aux manettes de l’arbitrage, Karima Lamine à la coordination de l’événement. Un nouveau pas vers la mixité dans les instances du taekwondo français.

Un tiers de combats supplémentaires !

Au rang des nouveautés, enfin, il faudra jeter un œil au tirage au sort. En effet, pour la première fois, un système de repêchages voit le jour. « Conséquence : l’ensemble des compétiteurs ayant perdu face aux demi-finalistes de chaque catégorie seront réintégrés dans le tableau pour disputer la médaille de bronze », confirme le Directeur Technique National adjoint, Frédéric Barberis. Ainsi, plus de quatre combattants sur cinq devraient fouler le tapis à au moins deux reprises ce samedi, pour un total de quatre-cent-cinquante oppositions programmées sur les dix aires de combat. « Étant donné la longueur et le coût du déplacement, valoriser les efforts fournis par les participants, tous niveaux confondus, constitue forcément un pas en avant, abonde Melissa Oliveros, avant d’évoquer le critérium national benjamins qui suivra la coupe de France. Chaque année, je m’évertue à proposer une équipe masculine et une équipe féminine malgré les catégories de poids assez contraignantes. C’est vraiment un chouette événement où l’on privilégie le jeu à l’enjeu. L’essence du sport. » Moins de pression et un esprit d’équipe qui galvanise les compétiteurs, un mélange idéal pour créer son lot de souvenirs uniques. Rendez-vous ce week-end à Lyon-Gerland.

Texte : Maël Jeanthon - Sen No Sen
Photos : Amandine Lauriol