« Le taekwondo ? Un outil formidable »
À la tête de la ligue Occitanie depuis la rentrée 2024, Jean-Marc Husson prône une structuration collective, à l’écoute des clubs et des pratiquants. Il sait pouvoir compter sur toutes les facettes de la discipline pour créer de la dynamique.
Pourquoi vous êtes-vous porté candidat pour la présidence de la ligue ?
Ma prédécesseure, Carole Laforêt, étant atteinte par la limite du nombre de mandats effectués, nous avons travaillé à monter une liste, « Tous Occitans, tous unis », qui soit à la fois dans la continuité mais également en amorce d’un renouvellement. Car comme la fédération, la ligue vient de célébrer ses trente ans et il nous semble nécessaire d’effectuer un saut de génération si l’on veut que le taekwondo poursuive son développement et son essor, dans un contexte de plus en plus concurrentiel. Chez nous, il y a par exemple des champions comme le nageur Léon Marchand et les frères Lebrun au tennis de table qui ne nous facilitent pas la tâche depuis les Jeux… Avec nos 7500 licenciés comptabilisés en fin de saison dernière, nous sommes devenus la deuxième ligue de France, derrière l’Île-de-France mais juste devant la ligue AURA. Je ne doute pas qu’ils vont tenter de nous doubler, mais nous allons aussi tout faire pour conserver notre place (sourire).
"Avec 7500 licenciés, nous sommes devenus la deuxième ligue de France."
Comment comptez-vous procéder ?
Manager d’équipe dans le civil, je fais en sorte que chacun puisse s’exprimer, afin que des idées émergent. Après, bien évidemment, avec quarante ans de pratique au compteur, toujours compétiteur en combat (il vient de disputer le critérium national Masters en M3 -68kg, NDLR) et en poomsae mais aussi juge et arbitre national, je ne manque pas non plus de convictions. Le nouveau projet fédéral veut par exemple davantage promouvoir la partie traditionnelle dans les années à venir, et nous sommes évidemment partants pour y contribuer, nous qui évoluons dans un territoire historique de la discipline. Personnellement, j’ai eu la chance d’apprendre aux côtés de Maître « King » Lyuh Sung Koo, celui qui a importé le taekwondo dans la région dans les années 1970, et j’ai tout de suite accroché à cette double dimension, corporelle et spirituelle, qu’il nous offrait dans un cadre bien dirigé, martial. Rechercher le bon geste, mieux comprendre son corps, se dépasser, se confronter, voilà ce qu’offre le taekwondo, de mon point de vue un outil formidable puisqu’il s’agit d’une pratique qui s’adresse à tous les âges, mixte par excellence grâce à un esprit d’ouverture formidable. C’est ce socle de valeurs, qui peut amener une réelle plus-value dans notre société qui est davantage faite aujourd’hui de fracturation que de cohésion, que nous devons mettre en avant pour attirer de nouveaux pratiquants.
"Je fais en sorte que chacun puisse s’exprimer, afin que des idées émergent."
Quelle doit être la place de l'Occitanie dans le taekwondo français ?
Depuis la loi NOTRe de 2015, nous possédons – comme d’autres régions – un vaste territoire, très contrasté entre ses métropoles densément peuplées et ses zones rurales très étendues. Parvenir à arrimer à notre projet l’ensemble de ces secteurs, et notamment les clubs les plus isolés, fait donc partie des enjeux prioritaires de cette olympiade, afin que nos pratiques s’implantent durablement un peu partout. Nous avons pu voir, lors de nos Assises « tous taekwondoïstes, tous occitans » organisées mi-janvier, que les gens répondent présent lorsqu’il est question de faire grandir notre discipline, il y a un élan sur lequel on va pouvoir bâtir quelque chose de pérenne. En parallèle, pour rester à la page, il nous faut continuer d’être performant sur le plan sportif également, en multipliant les bons résultats sur les championnats de France. Malheureusement, nous n’avons plus de pôle dans notre région, mais cela ne doit pas nous empêcher d’œuvrer pour gagner en attractivité. Nous ne manquons pas d’exemples autour de nous, comme nos clubs toulousains qui se démènent dans les quartiers, ou le 3MTKD de Montpellier qui propose un véritable modèle de performance à la fois sportive, sociale et économique. Si nous arrivons à faire prendre conscience à toutes et à tous que c’est ensemble que nous pouvons gagner du terrain, il n’y a pas de raison que nous n’y arrivions pas. Pour cela, notre message se veut le plus clair possible : la ligue est un organe qui doit permettre cet élan collectif, en fédérant les bonnes volontés dans les meilleures conditions possible.
"Arrimer l’ensemble des secteurs, y compris les clubs les plus isolés, est une priorité."
Mi-février, les championnats de France seniors reviennent à Montpellier. En quoi est-ce important pour la ligue ?
En termes de visibilité, il n’y a pas mieux que de proposer à proximité un spectacle de haut niveau, avec les meilleurs combattants du pays en action. Les Jeux olympiques et paralympiques en sont le dernier exemple en date, même si les retombées n’ont évidemment pas été les mêmes en Occitanie qu’en Île-de-France. Nous avons tout de même pu consolider notre socle de pratiquants, tout en gagnant en confiance sur notre capacité à savoir organiser les plus belles compétitions, éléments clés pour médiatiser le taekwondo. Mais nous devons, de mon point de vue, encore travailler pour trouver les bons formats de compétition, plus visuels afin de plaire à un plus large public. Cela passe par davantage de pédagogie pour que les règles soient comprises de tous. Car la visibilité ne sert pas à grand-chose si nous ne parvenons pas à la valoriser… Notre cérémonie des « Dobok d’Or », que nous avons mise sur pied en marge de nos championnats régionaux combat en début d’année, s’inscrit aussi dans cette logique, avec la mise en lumière de nos fers de lance, qu’ils soient sportifs, arbitres ou dirigeants.
"En termes de visibilité, il n’y a pas mieux que d’accueillir un événement de haut niveau."
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