Fédération Française
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Compétition /// France Juniors

Les leaders au rendez-vous

Trois quarts des leaders sacrés au bout d’une longue et intense journée de combats : les championnats de France juniors disputés ce samedi ont livré leur verdict. Le bilan de cette édition 2025 avec Bastien Gleren, responsable des équipes de France cadets-juniors !
29 avril 2025
 

Trois quarts des leaders sacrés au bout d’une longue et intense journée de combats : les championnats de France juniors disputés ce samedi ont livré leur verdict. Le bilan de cette édition 2025 avec Bastien Gleren, responsable des équipes de France cadets-juniors présent ce week-end au Colisée de Chartres.

« La première leçon de ce championnat 2025, c’est qu’il n’y a pas de surprises. Sur quinze des vingt catégories, c’est le ou la combattant(e) ranké(e) 1 qui l’emporte, la plupart du temps devant le ou la numéro 2. Les chiffres parlent donc d’eux-mêmes et ces confirmations sont importantes. Avec ces champions de France attendus, nous avons affaire à des jeunes gens qui ont des références internationales », pose Bastien Gleren. On attendait ainsi Owen Haddad (Clamart TKD) en -45kg et Nelson Dedegbe (TKD TCTN) en -48kg, ils gagnent tous les deux. Comme Andreas Lepape (Lo Vent TKD Villeneuvois), qui survole les -51kg, une catégorie où il faut souligner la présence du finaliste Néo Sainte-Mène (Taekwondo Annecy), une belle révélation qui a montré un taekwondo assez complet et abouti sur le plan technique. Dans les deux catégories supérieures, où les athlètes du pôle de Strasbourg Eliot Guardiola (-55kg, Van Thuyne TKD) et son camarade de club Lenny Goursot (-59kg), s’imposent et la logique est, là aussi, respectée.

Décalages et maturités différentes

Nolhan Rosemond Bouvet également membre du pôle de Strasbourg  (Amis Taekwondo Antony) est vice champion du monde cadets et quart de finaliste aux championnats du monde juniors et il a été au-dessus en -63kg, battant en finale Mehdi El Azhar (École TKD Trappes), qui était en structure l’an passé. Pour les -68kg, c’est un premier titre intéressant pour Erawan Guillet (TKD IL Dojang Annemasse) et qui dit des choses. « C'est un athlète qui est arrivé depuis cadet sur le pôle de Strasbourg et qui illustre bien ce que doit être la prise en compte de l'âge biologique dans la performance et la détection. C'est un jeune qui est né en décembre, et qui n’était pas parvenu au cours de ses années cadets ni de ses deux premières années juniors, même s’il était bon, à passer le cap pour être le meilleur. Il y avait ce petit décalage physique et de maturité désormais rattrapé. Il l’emporte avec de beaux écarts de score. » Il bat Denzel Ntjono (TKD Poissy) qui a fait les championnats du monde cadets. « Une belle preuve que le travail paie. C'est d’ailleurs ce que je veux souligner : le résultat immédiat, s'il arrive tant mieux, mais l'idée chez ces jeunes, c'est le long terme et, pour nous, de moduler notre regard sur eux en fonction de paramètres chronolgoques et biologiques. »

Joli coup pour la Guyane

En -73kg, Fares Belmehel (TKD TCTN), a aussi saisi sa chance. « Nous l’avions identifié comme un jeune à potentiel parce qu'il avait candidaté à l’entrée en pôle. Il frappe à la porte de la plus belle des manières. » En -78kg, Ayman Barry (Amis TKD Antony), qui s’entraîne au pôle d’Aix, s’impose en numéro 1 qu’il était déjà en arrivant à Chartres, en finale face au grand gabarit guyanais William Jérémie Junior Jolly (Jaambar TKD). « Une entrée en finale intéressante puisque, à la demande de sa ligue, il est venu, avec quelques autres jeunes guyanais, pendant une semaine au pôle de Strasbourg. C’est l’exemple aussi qu’un pôle est une structure de développement et de formation dont j’aime bien dire qu’elle est semi fermée, c’est-à-dire sur sélection mais aussi à l’écoute des clubs, des ligues qui ont besoin de se raccrocher au niveau, d'échanger, de vivre une expérience forte, pour créer des déclics.» Enfin, pour conclure sur les masculins juniors, citons Mohamed-Amine Kechiche (GTA 93), un jeune déjà vu sur les équipes nationales cadettes, et qui s’entraîne chez Gwladys Épangue.

Féminines : des surprises quand même

Chez les -42kg féminines, la hiérarchie est respectée avec une finale entre Yasmine Boutahar (TKD Club Asnières) et Hajar El Khatir (3MTKD Montpellier), les deux favorites. « Yasmine l’emporte dans son style, adapté à l’international, avec cette agilité sur la jambe avant et une bonne gestion de distance. On doit pouvoir compter sur elle pour l’avenir, comme Valentine Dupré (TKD Columérin), solide en -44kg que l’on voyait déjà bien en structure pôle l’an passé. Cela ne s’était pas fait mais elle a encore passé un petit cap avec quelques combats bien accrochés. » Dans la catégorie supérieure des -46kg, on retrouvait l’inarrêtable Oumaïma Allassak (École TKD Trappes). Médaillée mondiale cadettes et juniors, championne d'Europe cadettes… Une combattante médaillable sur les prochaines grosses échéances internationales et draine beaucoup d’espoirs. La surprise, en revanche, s’est invitée en -49kg où Nawel Hirtz, qui s’entraîne chez Ekvara Khamkasoumphou au TKD Club Asnières s’impose. Le podium est composé de jeunes filles du PAHN identifiées mais, en coiffant au poteau Alicia Kacou Fleury (Bron TKD), déjà sur les podiums nationaux l'année dernière et qui combat à l'international, Nawel Hirtz a « vraiment conclu une belle compétition, en montrant beaucoup d’abnégation. Il y a de la concurrence dans la catégorie ». Surprise aussi en -55kg, puisque si Eden Hubert (TKD SC Peypin) était déjà sur les tablettes du staff national avec plusieurs fois sur les équipes de France cadettes et des podiums nationaux, elle a pris le meilleur sur Sarra Diabate (TKD Saint-Raphaël) qui s'entraîne au pôle d’Aix, laquelle possède un énorme potentiel physique et technique, en la gérant parfaitement sur le plan tactique.

L’impact des pôles

« J'aimerais d’ailleurs insister sur les résultats obtenus par les pôles France jeunes (Aix et Strasbourg). 9 catégories engagées, 8 finales, 6 médailles d'or, 2 médailles d'argent et 2 de médailles de bronze en tout, le signe que ce que nous avons mis en place fonctionne », précise Bastien Gleren.
La ranking, quant à elle, a été respectée en -52kg. Sayine Krim (Amis TKD Antony), membre du pôle d'Aix, junior 3, qui figure parmi les meilleures Européennes, bat Alyssia Berj Sako. Cette dernière confirme sa progression et n’est pas loin non plus de créer la surprise, ce qu’elle aurait peut-être pu faire avec davantage d’expérience. En -59kg, ce fut le duel attendu entre Fatima Mendy (Clamart TKD) et Manissa Lakehal-Rollings (CSMG TKD), avec des scores qui étaient relativement serrés. « C'est un peu la redite du quart de finale du Grand Prix Séries où elles s’étaient affrontées. Fatima, médaillée européenne et qui a fait les championnats du monde juniors, prend ici le meilleur sur Manissa, qui s'entraîne au pôle de Strasbourg, mais qui n’a que quatre ans de taekwondo, analyse Bastien Gleren. Vainqueure du Grand Prix européen contre championne d'Europe des clubs, un sacré duel dont on sait que celle qui sortira pour le championnat d'Europe sera médaillable ».
En -63kg, on retrouve en or Cassandra Meyeur Mourot (Tremblay AC TKD), une combattante qui a toujours su compenser son manque de gabarit par la bonne gestion de la distance et une intelligence tactique... Ce qui lui a précisément permis de battre Aïda Toure (US Chalette) en remportant les deuxième et troisième rounds après avoir pris un point gap au premier. En -68kg, Seyni Sané (Team Villeneuve Saint-Georges), vue sur les équipes de France cadettes, l'emporte aussi, sans surprise, en finale, mais avec, face à elle, Matuanui Taratata (3MTKD Montpellier). « Une athlète d'origine tahitienne, ce qui est à souligner car si ces combattants arrivaient en force sur les championnats de France au cours ses années 2000, on les retrouvaient moins depuis quelques années de par les contraintes logistiques et financières, Tahiti nous envoie un nouveau signal intéressant sur le potentiel de ses athlètes. » Enfin, en +68kg, le GTA 93 de Gwladys Épangue récolte son deuxième titre junior grâce à Jasmine Mediouni.
La suite, pour cette élite nationale juniors ? Bastien Gleren en précise les contours. « Le parcours de sélection pour les championnats d'Europe juniors se termine après le Solidarity Open de Montargis, à l'issue duquel le comité de sélection va se réunir. Il y aura alors deux cas de figure : les catégories où un seul athlète a atteint les minimas et qui seront proposés à la sélection. Pour les catégories où deux personnes ou plus auront atteint les minimas, des test-matches seront organisés pour les departager. Un stage de préparation aura ensuite lieu à Aix-en-Provence sur la deuxième quinzaine d'août. 
Fin mai, nous organiserons également d'autres test-matchs, regroupant les finalistes des Frances juniors. Ils seront déterminants pour définir l’équipe qui se rendra au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne (FOJE) fin juillet. »

Olivier Remy / Sen No Sen
Photos : Amandine Lauriol