Fédération Française
de Taekwondo
et Disciplines
Associées.
Compétition /// Le Grand Prix côté coulisses

Femmes et hommes en noir... la sécurité, mais pas que

Ils sont élégants et souvent massifs… Les agents de sécurité quadrillent chaque événement, sont visibles et c’est le but. Le Grand Prix n’échappe pas à la règle, ce type d’événement imposant un nombre minimal d’agents en fonction de sa dimension.
16 octobre 2026
 

Ils sont élégants et souvent massifs… Les agents de sécurité quadrillent chaque événement, sont visibles et c’est le but. Le Grand Prix n’échappe pas à la règle, ce type d’événement imposant un nombre minimal d’agents en fonction de sa dimension. Sécurité de toutes et tous avec vérification des droits d’accès, des sacs, mais aussi vigilance et régulation des spectateurs comme des athlètes et des staffs, soucis de billets, apaisement des tensions potentielles, et tout un tas de petites choses qui ne se voient pas… la preuve à chaque fois que les choses ont été bien gérées.

Frantz Michaud, visage incontournable du taekwondo français depuis de longues années, lui qui fut champion d’Haïti puis membre de l’équipe de France dans les années 1990-2000 (voir ici https://www.fftda.fr/fr/3/id/463) et son précieux chef d’équipe Kirby Preville dressent, après avoir baissé le son des talkies-walkies qui crachent toute la journée, la liste de leurs domaines d’intervention. Et ils sont nombreux ! « Avec le plan Vigipirate, il faut être attentif, vigilant. Même quand on connaît très bien ce milieu, tu ne peux pas dire que tu vas faire la même compétition que la fois précédente, pose Frantz. Chaque événement est différent, chaque lieu, chaque public : des jeunes, des personnes âgées, des écoles… Tout le monde n’est pas non plus très content d’être contrôlé. C’est à nous de trouver les bons mots pour mettre la personne en confiance : vous êtes contrôlé, vous êtes en sécurité, vous pouvez profiter tranquillement du spectacle. »

 
Sur ce Grand Prix, une soixantaine d’agents – « tous diplômés en sécurité et sûreté, titulaires d’une carte professionnelle et dont beaucoup parlent anglais » précise Frantz – sont intervenus, avec une vingtaine présents chaque jour. « C’est ce qu’il faut pour un événement comme celui-ci. Pour avoir un ordre de grandeur, un match au Stade de France c’est entre six cents et mille agents ! Sur ce Grand Prix, il s’agit de quadriller la salle, pour contrôler les entrées, les sorties, les escaliers, les portes, les couloirs… Les étrangers ne connaissent pas les lieux, ils se perdent », explique Kirby Preville, solide défenseur central de football tombé dans l’univers du taekwondo avec Frantz Michaud qu’il a rencontré il y a vingt ans. « Pendant que vous regardez le spectacle, nous, en coulisses et en étant les plus discrets possible, nous avons déjà calmé la personne qui s’est énervée, aidé quelqu’un qui a perdu son pass ou laissé son sac en allant aux toilettes, rassuré un enfant qui ne trouvait plus sa maman, trouvé une solution pour un billet qui ne passait pas au scan, discuté avec le coach qui s’embrouillait un peu trop fort avec son athlète dans le couloir, et géré l’athlète qui ne voulait pas se peser là où c’est prévu… », détaille Kriby, sourire aux lèvres. « Il y a aussi celui qui veut rejoindre la personne qui se trouve de l’autre côté de la porte, mais qui n’a pas le bon badge, et à qui l’on demande de faire le tour du stade. Pour lui, c’est incompréhensible, ça l’énerve. Mais ce passage est une délimitation, il y a un protocole, c’est comme ça. Quand tu expliques posément et gentiment, la plupart comprennent : “Excusez-moi, pas de souci.” On trouve une solution. Certains ne veulent rien entendre, mais en général, ça passe bien, il nous faut juste expliquer la règle.» Savoir être ferme tout en restant garant de l’apaisement. « Ce n’est pas le travail de surveillance qui compte, souligne Frantz. C’est la gestion de l’humain. Il faut beaucoup de patience, rester zen, avoir le self-control. On joue aussi un rôle de grands frères. Et comme je suis un ancien athlète, je connais ce public, français ou étranger. Quand on connaît les gens, on leur parle, on les calme. » Les derniers spectateurs salués et raccompagnés dimanche soir, le dernier débrief fait auprès du staff fédéral, Frantz, Kirby et leurs équipes pouvaient déjà se projeter sur les prochains événements faits de stades, de soirées privées, de boîtes de nuit, de protection rapprochée de personnalités, de stars du football… Avant de revenir au taekwondo, toujours.

Texte : Olivier Remy - Sen No Sen // Photos : Amandine Lauriol